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A propos des auteurs

  • Martial Van der Linden est docteur en psychologie, professeur de neuropsychologie et psychopathologie aux Universités de Genève et de Liège. Une partie de ses travaux est consacrée aux effets du vieillissement sur le fonctionnement dans la vie quotidienne, et ce, dans une perspective plurifactorielle et intégrative.
  • Anne-Claude Juillerat Van der Linden est docteure en psychologie, chargée de cours à l'Université de Genève et psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie. Après 20 ans en tant que responsable à la Consultation mémoire des Hôpitaux universitaires de Genève, elle a créé et dirige la consultation "Vieillir et bien vivre" à la maison de santé Cité Générations.
  • Tous deux ont fondé en 2009 une association du nom de VIVA (Valoriser et intégrer pour vieillir autrement), qui promeut à l'échelle locale des mesures de prévention du vieillissement cérébral problématique.
  • En savoir plus : http://www.unige.ch/fapse/psychoclinique/upnc/

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 15:56

 

Dans un article publié sur son blog (http://tribune-age.over-blog.com/), Richard Lefrançois (retraité et professeur associé à l’Université de Sherbrooke, sociologue et gérontologue) s’en prend vigoureusement aux chantres du néolibéralisme qui prennent les personnes âgées comme boucs émissaires de nos malheurs et qui énumèrent la liste des scénarios-catastrophes associés au vieillissement démographique : escalade des dépenses de santé, réduction du panier de soins, effondrement des régimes de retraite, conflit intergénérationnel, ralentissement de la croissance économique, chute importante de la productivité et de la créativité, avènement du pouvoir gris…

 

Sans adopter une approche triomphaliste qui, par exemple, verrait dans le développement des nouvelles technologies la solution à tous les problèmes (voir notre chronique « Vieillir en bonne santé: L’enthousiasme biotechnologique et biomédical de Patrick Aebischer, président de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne »), Richard Lefrançois montre en quoi l’implication sociale accrue des aînés est bénéfique à toute la collectivité, via leur apport en tant que «bénévoles, personnes soutien, mentors, dépositaires de notre héritage et gardiens de nos traditions ». Cet apport est d’autant plus important que « la société postmoderne lamine les valeurs fondamentales, dissout les repères identitaires, érode les acquis sociaux, se dérobe devant ses responsabilités et abdique face à l’avenir après avoir enterré le passé ». Selon lui, la prochaine génération de retraités contribuera également à dynamiser l’économie, notamment en suscitant le développement de produits (y compris de technologies) mieux adaptés à ces personnes, ainsi que la mise en place de services de proximité susceptibles de créer de l’emploi et d’intensifier la solidarité au sein de la communauté.

 

Ainsi, plutôt que de les dénigrer, il s’agirait de renforcer le potentiel des aînés, de briser leur isolement et de lever les obstacles qui compromettent leur participation citoyenne (et nous ajouterions, « même quand ils présentent un vieillissement cérébral/cognitif problématique »). Richard Lefrançois ajoute que « des retraités mieux informés, aguerris, autonomes et en santé pendant de longues années représentent un actif indéniable pour la société» et que, dès lors, il importe « d’investir davantage pour préserver le plus longtemps possible leur santé et de les valoriser en reconnaissant leur contribution ». Cette conception, qui voit dans les aînés une ressource vitale plutôt qu’un fardeau, impose aussi de s’affranchir des pièges du mirage postmoderne, à savoir « le consumérisme débridé, la performance narcissique, l’exaltation illusoire dans les jeux de hasard et l’épanouissement de soi au détriment de la solidarité ».

 

Dans un article récemment publié dans le journal romand « Le Temps » (« Opinions », dans l’édition du 20 janvier 2011), Thomas Mattig, directeur de Promotion Santé Suisse, insiste sur la nécessité de lancer en Suisse une politique nationale visant à promouvoir la santé des aînés via la mise en place de mesures de prévention et de structures de conseil. Il montre également en quoi cette politique doit avoir un caractère transversal, touchant de nombreux secteurs : aménagement du territoire, politique du logement et mobilité en passant par les soins et la prise en charge des personnes âgées jusqu’aux relations intergénérationnelles. Il conclut en insistant sur le fait qu’une vieillesse en bonne santé amènera à des économies, mais qu’en plus de l’argument pécuniaire, il s’agit aussi de considérer qu’ « avec l’âge se développent des qualités bénéfiques pour notre société », un capital-vieillesse dont il faut prendre soin.

 

Selon nous, la mise en place de mesures visant à valoriser et renforcer le potentiel des aînés, à faciliter leur participation citoyenne, à briser leur isolement et à maintenir le plus longtemps possible leur santé et leur autonomie passe par le développement de projets et de structures insérés dans les collectivités locales, en lien direct avec les services communaux, les associations, les structures d’hébergement à long terme, les médecins de famille, etc. Il s’agit donc d’envisager la personne dans son cadre de vie, en prenant en compte la signification et les implications des interventions pour la communauté (voir nos chroniques « Quand une absence d’efficacité d’un plan de soin destiné à des personnes ayant reçu le diagnostic de la soi-disant maladie d’Alzheimer n’étonne pas... » ; « Une autre façon d’organiser les cliniques de la mémoire ? ». 

 

Notons enfin que l’efficacité des interventions intégrées dans la communauté devrait idéalement être explorée au moyen de méthodologies adaptées, comme la recherche-action participative, dans laquelle les intervenants et les personnes âgées cherchent un terrain d’entente dans la définition du problème et dans l’identification de l’action qui en découlera, tout en faisant preuve de réalisme dans les attentes, en fonction du contexte (voir notre chronique « Un programme d’intervention participatif et communautaire destiné à des personnes présentant une démence légère et à leurs proches »).

 

Dans une prochaine chronique, nous décrirons les actions communautaires, préventives, intergénérationnelles et d’information que nous avons entreprises dans le cadre de l’Association VIVA (Valoriser et Intégrer pour Vieillir Autrement), association que nous avons créée à Lancy, une commune de la périphérie genevoise de près de 30'000 habitants.

boucs.jpg

 

 

 

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Martial Van der Linden et Anne-Claude Juillerat Van der Linden mythe-alzheimer - dans Interventions psychologiques et sociales
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commentaires

pierrot,vagabond des mots et des routes 05/09/2013 15:40


Bravo, magnifique article et magnifique blogue en passant:))))


 


En espérant fébrilement votre présence à SHERBROOKE... MAISON DES ARTS DE LA PAROLE...
Samedi 28 septembre 2013, 20 h
Le vagabond céleste
Simon Gauthier
Maison des arts de la parole,
Sherbrooke

Simon Gauthier a déjà une soixantaine de représentations derrière lui avec son dernier spectacle «Le vagabond céleste». Et ce n’est pas fini puisqu’il reprend la tournée dès l’automne. «Je vis
bien de mon métier car je suis invité partout. Je roule en France, en Belgique, en Suisse, au Maroc, en Tunisie. J’ai le privilège de faire une centaine de spectacle par année.»

En plus de son succès international, Simon Gauthier apprécie son indépendance en tant qu’artiste. L’idée de pouvoir produire ce qu’il veut quand il le veut l’enchante. «Mon amour pour le conte
n’a pas changé avec les années. C’est un métier toujours aussi excitant et nourrissant. Il maintient mes neurones actifs et me permet de demeurer jeune et curieux.»

En parallèle, Simon est lamiste (scie musicale). Il a d’ailleurs eu la chance de jouer avec l’Orchestre Symphonique de Montréal en décembre. «Sur la scène devant 2000 personnes et sous la
direction de grand Kent Nagano, je n’ai jamais été aussi neveux de toute ma vie!», lance l’artiste qui a collaboré à nouveau avec l’OSM afin de former un de leurs musiciens à la scie
musicale.

JOURNAL LE REFLET DE TADOUSSAC
VOLUME 7, NUMERO 34
MERCREDI 29 AOUT 2012

CRITIQUE

DÉDÉTORIAL
LE VAGABOND CELESTE DE SIMON GAUTHIER
Bien fatigué, j’y suis allé avec la peur de m’endormir.
Finalement je voulais que ce récit ne puisse finir afin de ne
pouvoir partir pour continuer mes rêves.
Quelle prestation! C’est l’histoire inspirée d’un personnage qui
est passé par Tadoussac et que plusieurs ont eu la chance de
côtoyer. Dans un premier temps il a séjourné trois semaines
à l’Eau Berge puis il est revenu pour repartir sur la route de
ses rêves. C’était un petit «grand homme» à chapeau, barbe
blanche et guitare en bandoulière qui composait des chansons
sur les gens rêveurs essayant de réaliser leurs rêves. Plusieurs
personnages de Tadoussac ont noirci son cahier.
Son Histoire remonte à plusieurs années alors qu’il était bien
installé dans le nord de Mtl plus précisément à Val David. Là-bas,
il avait tout pour être heureux, maison, femme, famille
et argent…...
Un matin il s’est levé pour annoncer autour de lui qu’il laissait
tout et partait sans le sous, vivre ses rêves. On a cru à un
coup de déprime, on a tenté de le retenir mais devant ses
arguments on a fini par le comprendre et lui souhaiter bonne
chance dans son rêve. Pendant 5 ans il a fait les quatre coins
du Québec sans rien demander à personne. Les hasards de
la vie le guidaient au quotidien. Il attendait qu’on lui offre
une «raye» pour avancer, sinon il marchait inlassablement.
Jamais il a demandé à manger ou coucher, c’était... quand on
l’invitait!
Simon Gauthier l’a rencontré par le biais de Richard Fontaine
qui lui aussi à sa façon, vagabondait ici et là avec ses pinceaux
comme compagnons de route.
Depuis, selon Simon ce «Vagabond Céleste» a balancé sa
guitare à la rue pour s’installer dans une petite chambre
dénudée près de l’Oratoire St Joseph, et il parcours les
bibliothèques. A date il a à son actif une maîtrise et plusieurs
doctorats en poche sur le rêve.
Son nom est Pierrot (mais lequel?) Un monument existe
encore en son honneur, rue St-Paul dans le bas le la ville de
Mtl.
Fondateur des Deux Pierrots dans le vieux, cette
boite mythique des plus fréquentée encore, est le seul endroit
qui ait survécu aux Boites à Chansons qui nous ont donné
nos grands: Claude Léveillé, Vigneault, René Claude, Claude
Gauthier, Raymond Lévesque, etc
Si Pierrot en quittant, gloire, succès et argent pour vivre ses
rêves est un message d’espoir, un baume sur le mal de vivre
qui nous guette, Simon Gauthier par son spectacle nous a fait
découvrir quelqu’un de chez nous porteur de bonheur.
Simon offre à quiconque veut découvrir plus intimement
ce personnage, de venir dans vos maisons, vos salons, vos
verrières vous présenter cet être lumineux.
Est-ce le présage que notre conteur national se prépare à
parcourir les routes du monde avec dans son pack sac Pierrot
le Vagabond Céleste disposé à vous faire du bien à l’âme et
vous brasser les idées?

L’OPINION D’UNE SIMPLE SPECTATRICE
Bien sûr, l’avoir croisé à Natashquan au moment même
où il rencontrait celui qui serait le personnage principal
de son conte a ajouté beaucoup de magie au voyage
onirique dans lequel m’a emporté Simon Gauthier ce
mercredi¸15 août 2012 à Tadoussac.
Pourtant, cela n’est pas nécessaire car le Vagabond
Céleste transporte n’importe quel spectateur sans que
celui-ci ne sourcille un instant, car nous apparaissent au
travers de la voix du raconteur et de celle du musicien qui
l’accompagne, Benoit Rolland, de «sacrés personnages»,
au sens de personnes extraordinaires, dont on aime tirer
exemple, car elles nous aident à vivre mieux.
Lors de cette envolée entre réalité et rêve, entre un
village et l’univers, entre ce que l’on est et ce que l’on
voudrait être, on sourit, on rit parfois, on pleure même...
Mais surtout, on touche du bout des doigts l’essence
même de la vie: l’amour universel.
Hier soir, mon esprit a grandi de cette bouleversante
rencontre avec la vie d’un homme merveilleusement
mise en mots par Simon Gauthier, et je souhaite qu’il en soit
de même pour vous

www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com

sur Google
Simon Gauthier conteur vagabond céleste

mythe-alzheimer 07/09/2013 10:34



Merci beaucoup pour votre message. J'espère vivement que nos pas nous conduiront à la maison des Arts de la Parole à Sherbrooke