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A propos des auteurs

  • Martial Van der Linden est docteur en psychologie, professeur de neuropsychologie et psychopathologie aux Universités de Genève et de Liège. Une partie de ses travaux est consacrée aux effets du vieillissement sur le fonctionnement dans la vie quotidienne, et ce, dans une perspective plurifactorielle et intégrative.
  • Anne-Claude Juillerat Van der Linden est docteure en psychologie, chargée de cours à l'Université de Genève et psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie. Après 20 ans en tant que responsable à la Consultation mémoire des Hôpitaux universitaires de Genève, elle a créé et dirige la consultation "Vieillir et bien vivre" à la maison de santé Cité Générations.
  • Tous deux ont fondé en 2009 une association du nom de VIVA (Valoriser et intégrer pour vieillir autrement), qui promeut à l'échelle locale des mesures de prévention du vieillissement cérébral problématique.
  • En savoir plus : http://www.unige.ch/fapse/psychoclinique/upnc/

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 17:38

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises dans ce blog la méthode d’expression créative TimeSlips développée par la Professeure Anne Basting (voir notamment nos chroniques « TimeSlips : le pouvoir de l’expression créative et des récits » et « Le programme TimeSlips : une nouvelle étude ayant exploré les effets bénéfiques de l’expression créative » ) et ses effets bénéfiques sur l’attention, l’engagement social, l’expression des émotions et les capacités de communication des participants.

 

Ce mardi 15 mars, après que la méthode a été adaptée à une population âgée européenne francophone, l’association VIVA et les responsables de l’animation et des soins de l'EMS du quartier des Mouilles à Petit-Lancy (Suisse) ont démarré un atelier de TimeSlips hebdomadaire. Neuf résidants présentant des difficultés cognitives modérées y ont participé et ont manifesté leur enthousiasme, pendant et juste après la séance. Une évaluation plus formelle, portant sur l’état émotionnel, les capacités de communication et l’expressivité émotionnelle a été réalisée préalablement, de manière à ce que les effets de la participation puissent être appréciés au terme de trois mois d’intervention. Nous ne manquerons bien sûr pas d’y revenir.

 

Pour un bref rappel de la méthode, des « facilitateurs » animent les séances de production d’histoires, en fournissant aux personnes âgées l’opportunité de laisser libre cours à leur instinct narratif et créatif à partir de photographies saugrenues qui sont mises à leur disposition. Toutes les réponses sont validées, le récit est régulièrement relu et l’intervention de chaque participant est régulièrement soulignée, jusqu’à ce que la narration s’épuise.

 

Voici en primeur le récit généré lors de cette première rencontre, après sélection de l'image ci-dessous (présentée en format A4 par un des participants) :

 

timeSlipsmouilles.JPG

 « Ce sont les débuts de l’aviation. On voit des choses qui peuvent tourner, on dirait une grande roue.

 

Il fait beau et l’action se déroule à la campagne.  Il y a des odeurs de fleurs, c’est le printemps, les champs deviennent beaux. Des violettes… des marguerites - car ce sont des fleurs naturelles, elles sont jolies même si elles n’ont pas beaucoup d’odeur - des jonquilles, des roses…

 

L’aviatrice s’appelle Caroline. Ça se passe au début du siècle, mais ça pourrait aussi être aujourd’hui.  Caroline veut traverser l’Atlantique. Parce qu’elle est courageuse, parce que ça lui fait plaisir. C’est pour aller ailleurs et c’est pour la gloire. On va dire qu’elle vient de Suisse, du Jura, et elle veut changer, parce que les montagnes sont belles, mais ailleurs il y a autre chose. Elle aimerait aussi aller dans un château. Elle va aller en Amérique du Sud, pour faire un grand saut. Mais elle doit trouver quelqu’un, elle ne devrait pas partir seule. Elle serait plus à l’aise, c’est trop dangereux. Elle pourrait partir avec son fils, Robert-Albert, qui aura bientôt 50 ans.

 

On entend le bruit du moteur, les bruits des personnes aussi, et celui des oiseaux. Caroline se sent bien, elle est curieuse de ce qu’elle va découvrir. Elle va découvrir de nouveaux paysages, mais Dieu seul sait ce qu’elle va trouver. Elle va découvrir des oiseaux… des moineaux… et il y aura des condors, c’est là seulement qu’on les trouve. Il y aura du soleil, et c’est tant mieux.

 

Elle emmène un peu de tout avec elle, des habits, des robes, tout ce qu’il faut pour (geste de se coiffer)… s’arranger ; elle va aussi prendre un casque pour se mettre sur la tête et des pantalons, surtout des pantalons, pour ne pas avoir froid ! Elle emmène des cadeaux, pour sa famille. Elle va retrouver son mari et ses enfants. C’est logique. Pour se réunir. Son mari est allé chercher un travail plus intéressant, il est ingénieur mécanicien. Il va découvrir des pierres et des statues, des choses anciennes. Il va les amener dans un musée. Son père aussi était ingénieur mécanicien.

 

C’est formidable, ils vont se retrouver, il y aura de la joie. C’est une grande question que de savoir ce qui va se passer, mais c’est formidable. » 

 

Et une participante de conclure que « C’est quand même une drôle d’histoire… »

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Martial Van der Linden et Anne-Claude Juillerat Van der Linden mythe-alzheimer - dans Structures d'hébergement à long terme
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